Plantes artificielles : la question du feng shui et celle du bon goût

Avatar de Aïcha Delannoy

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La plante artificielle a longtemps eu mauvaise réputation, associée à des feuilles trop brillantes et des couleurs criardes reconnaissables de loin. Les modèles récents, en tissu ou en matière mate, ont changé la donne : à un mètre de distance, la différence avec une vraie plante devient parfois difficile à repérer. Ce basculement qualitatif explique le retour en grâce de l’objet dans des intérieurs qui, il y a dix ans encore, l’auraient jugé kitsch sans discussion possible.

Le sujet reste pourtant clivant. Certains y voient une solution honnête à un vrai problème d’entretien ou de luminosité ; d’autres continuent d’y percevoir un renoncement, un décor qui simule la vie plutôt que de l’accueillir. Les deux positions se défendent, et le choix final tient souvent moins à une règle universelle qu’au mode de vie réel de chacun.

Ce que le feng shui en dit vraiment

Dans la pratique traditionnelle du feng shui, la plante symbolise une énergie vivante en circulation dans la pièce, ce qui pousse certains puristes à écarter par principe toute version artificielle. D’autres écoles, plus souples, tolèrent la plante artificielle à condition qu’elle reste d’aspect crédible et bien entretenue, sans poussière ni feuilles décolorées, l’objet figé et négligé étant considéré comme plus problématique que son caractère non vivant.

L’olivier, le grand classique du salon

L’olivier artificiel s’est imposé ces dernières années comme l’un des modèles les plus convaincants, avec son tronc noueux et ses petites feuilles argentées qui masquent bien les irrégularités propres au vrai feuillage. Contrairement à un ficus ou un palmier artificiel, plus reconnaissables comme faux à cause de leur symétrie trop parfaite, l’olivier tolère mieux l’imitation grâce à sa silhouette naturellement irrégulière.

La lumière du nord, l’argument imparable du faux

Une pièce exposée lumière du nord, sans soleil direct, reste hostile à la plupart des plantes vertes qui finissent par s’étioler malgré les précautions. C’est précisément dans ce cas de figure que la plante artificielle prend tout son sens : elle occupe l’espace visuel sans dépendre d’un ensoleillement que la pièce ne peut pas offrir, là où une vraie plante y dépérirait inévitablement au bout de quelques mois.

La question de la plante dépolluante, à relativiser

La réputation des plantes dépolluantes repose sur des études menées en laboratoire, dans des conditions très différentes de celles d’un appartement réel. L’ADEME a d’ailleurs publié des mises en garde sur ce point, rappelant que l’effet mesuré en milieu confiné et contrôlé ne se retrouve pas à l’échelle d’une pièce classique, où le renouvellement de l’air par aération reste bien plus efficace qu’une plante posée dans un coin.

Autrement dit, le choix entre plante vraie et plante artificielle relève avant tout de l’entretien qu’on est prêt à y consacrer, pas d’un bénéfice sanitaire à attendre de l’une ou l’autre option. Pour aller plus loin sur les repères publiés par l’ADEME sur la qualité de l’air intérieur, son site officiel détaille les gestes réellement efficaces. Ce même pragmatisme guide aussi l’aménagement d’un balcon new-yorkais à Paris, où le choix des plantes dépend d’abord de l’exposition réelle, jardinières suspendues ou bacs au sol.


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